mardi 4 novembre 2014

Paroles à ma Mère


PAROLES À MA MÈRE
Par Hyacinthe A. TOURE
Date : Samedi 27 mai 2006, veille de la fête des mères
Lieu : Église Sainte Thérèse Marcory

Chers Frères et Sœurs,

J’ai l’habitude, par mes activités, de m’adresser à des auditoires divers lors de conférences, séminaires et exposés sans appréhensions ni tracs et sans trémolos dans la voix pour faire passer mes messages. Mais celui-ci est particulier et il sera, sans doute, le plus difficile à prononcer. Si vous avez envie de rire, riez ! Maman aimait bien rire. Si vous voyez mes larmes, je ne pleure pas. C’est seulement une paille dans mes yeux. S’il m’arrivait toutefois de pleurer, sachez que notre Seigneur, Jésus lui-même, a pleuré son ami Lazare.

Mon cœur est en peine, certes, mais votre présence me réconforte et me rassérène. Je me réjouis de la présence parmi nous, dans cette église de quelqu’un d’important. Il a toujours été présent à nos côtés et sera toujours présent à nos côtés. Un Fidèle parmi les Fidèles, le Seigneur Jésus. Je suis Hyacinthe ATTOH-TOURE, l’un des fils d’Antoinette ATTOH TOURE. Je voudrais m’adresser à Mon Dieu, parler de ma mère, parler à ma mère en mon nom propre et au nom de mes frères et sœurs, à nos amis, à mes frères et sœurs.

Seigneur, Tu m’as montré ta puissance depuis 1988 en plusieurs occasions en faisant des miracles dans ma vie. Des choses édifiantes. Des miracles qui ne souffrent d’aucun doute ! Même Thomas ne pourrait en douter. Des amis, des membres de ma famille et des hommes de Dieu en sont témoins. Tu m’as encore montré ta puissance lors de la maladie de ma mère. Tu as toujours exaucé mes prières. Seigneur, qui suis-je ? Moi, un grand pécheur à qui tu as donné l’important souffle de vie, pour mériter tant de grâces et d’égards de ta part ? Seigneur Dieu ! je te loue, je te magnifie et je te glorifie pour tout ce que tu as fait pour moi, ma mère et notre famille. Je rendrai témoignage pour ta seule gloire.

Maman est née à Katiola en 1924. Nous avons souvent polémiqué sur cette date. Avant, après, seul Dieu détient la vérité. Ce qui est sans ambiguïté, c’est qu’elle est née. Elle a contribué à la construction en pierres de la belle Cathédrale de Katiola. Elle a encore fière allure aujourd’hui. Mariée à un instituteur sorti de l’École Normale de Dabou, elle a beaucoup d’enfants. Nous pouvons constituer une équipe de basket ou de handball avec même des remplaçants. Il s’en est fallu de peu pour une équipe de football.

Dynamique, elle a exercé divers métiers pour aider son mari à subvenir aux besoins de notre famille. Je me contenterai de celui de boulangère dans les années 50. Avec son four en argile et son feu de bois, elle confectionnait un pain très prisé. Le meilleur, disait-on de la ville. Un pain qui aurait pu rivaliser aujourd’hui avec ceux de Pako, Sococé, Pâtisserie Abidjanaise ou toute autre boulangerie de la place. Je me souviens encore de cette bonne odeur de pain qui me réveillait à l’aurore lorsque j’étais encore un gamin.

Maman aimait beaucoup plaisanter. Patate ! disait-elle quand elle était étonnée. Charognard ! Elle aimait bien nous traiter de charognards. Un mot qu’elle aimait particulièrement. « Lesôgô » qui veut dire en tagbana « sauvage, bête, pas intelligent » selon le contexte. Quand elle est fâchée « Court comme ton père », « ton gros nez ». Il n’y avait vraiment pas de quoi s’énerver. Nous ne sommes pas très grands dans la famille. Quant au nez, je ne crois pas qu’elle ait tort. En tout cas, c’est son œuvre. Son proverbe préféré « A beau mentir qui vient de loin ». Quand nous parlions avec un langage châtié. Elle disait « excusez-moi ! Moi, mon père était cultivateur, vous, votre père est directeur d'école. Nous ne sommes pas pareils ».

Maman était vraiment heureuse lorsque nous la visitions. Cela se voyait et se lisait sur son visage. Elle aimait nous offrir souvent des présents à notre âge. Elle aimait nous faire plaisir. Ah, oui, j’oubliais, malgré nos cheveux grisonnants, nous sommes toujours restés ses enfants. Mais tout n’était pas rose, Maman. Nous t’avons donné du fil à retordre même étant adultes. Nous avons été quelquefois, souvent, très souvent, trop souvent indignes, ingrats et irrespectueux. Nous t’avons même fait pleurer quelquefois. Certains ont pensé, nous avons pensé, que tu acceptais cela. Non, Maman, tu n’acceptais pas cela. Tu en souffrais en silence. Mais, tu nous pardonnais toujours parce que nous sommes tes enfants et tu nous aimes.

Le 13 mai 2006, aux environs de 20 heures alors qu’une fine pluie commençait à tomber sur Marcory, les Anges du Seigneur sont venus et ont appelé ton nom : « Antoinette, une place est prête pour toi. Tu dois laisser derrière toi ceux que tu aimes et ceux qui t’aiment ». Ils t’ont enlevée pour te présenter au Père. Le Père t’a montré ta nouvelle demeure et tout ce qu’il t’a promis. Que le nom de l’Éternel soit béni et glorifié !

Ta vie terrestre est maintenant du passé. Tu commences une vie nouvelle sans nous, mais auprès de ton mari Louis, tes enfants Pascal et Fabien, tes sœurs Jacqueline et N’Klo et toute la famille qui t’a précédée.
Une vie nouvelle où les promesses sont tenues.
Une vie nouvelle où il n’y a pas de lendemain, mais uniquement un aujourd’hui.
Un aujourd’hui qui durera toujours.

Depuis le 14 mai 2006, le soleil se lève sans toi et nos yeux sont remplis de larmes parce que tu n’es pas là et tu ne seras plus là. Je sais que tu n’aimerais pas nous voir pleurer et tu nous dis de sécher nos larmes, car tu es maintenant libre.

Depuis le 14 mai 2006, les jours ont commencé sans toi et je pense à toutes nos promesses non tenues et à toutes ces phrases que nous ne t’avons pas dites. Maman, au nom de tes enfants, je te dis que nous t’aimons et te demandons pardon pour nos mauvaises actions et nos paroles offensantes. Oui, je sais que tu nous as toujours pardonné, mais nous te demandons quand même pardon.

Maman, tu ne nous laisses pas seuls. Nous ne sommes pas orphelins. Tu as beaucoup investi dans l’amitié et la fraternité. Tu as tissé des liens forts avec tes amies qui sont dorénavant nos Mamans. Tu nous en as laissé plusieurs : Maman Clémentine, Maman Fanny, Maman Konaté, Maman Trazo, Maman Yaï. Elles sont là. Elles sont présentes pour nous soutenir. Puisse ton exemple nous inspirer ? Je les ai citées par ordre alphabétique parce que je ne sais pas qui est la plus jeune. Je n’ai pas dit « la plus vieille ». Je ne souhaite pas que tu me traites de « Lesôgô ».

Nous avons reçu beaucoup de messages forts de réconfort de tes amis et parents, de nos amis du Bénin, du Burkina Faso, des États-Unis, de France, du Ghana, du Libéria, du Niger, du Royaume-Uni, du Sénégal, de Tunisie et bien sûr de Côte d’Ivoire. Non Maman, nous ne sommes pas seuls. J’ai reçu, hier soir, un appel du Président d’une importante association du Burkina Faso. Il m’a informé que leur réunion de ce jour qui se déroule en ce moment même t’est entièrement dédiée.

Maman, permets que je m’adresse à nos amis, aux paroissiens, aux choristes, au Curé et au presbytère !  Chers Frères et Sœurs, je vous dis merci au nom de la famille. Je ne connais pas de mot plus fort sinon je l’aurais utilisé. Que Dieu vous bénisse abondamment ! Et je voudrais partager ceci avec vous.

Ne soyez pas trop occupés pour consacrer du temps à votre mère. Un appel téléphonique à votre mère lui procurera du plaisir. Une visite à votre mère lui procurera beaucoup de joie ; Une joie immense qui illuminera le reste de sa journée voire sa semaine, même si vous ne lui donnez pas d’argent. Votre visite est déjà pour elle un cadeau, un présent. Si vous lui donnez de l’argent, quelle que soit la somme, tant mieux ! Comme le dit Ma mère, « Une dent rouge est mieux qu’une dent enlevée ». 

Lorsque votre mère vous dit « Merci, Mon Fils, merci, Ma Fille »,
sachez que ce « Merci » vient du fond de son cœur.
Sachez que ce « Merci » est une grande bénédiction.
Sachez que ce « Merci » vient de Dieu.

Je voudrais maintenant m’adresser à mes frères et sœurs. Maman nous demande d’être solidaires et unis. Avec l’Amour et le Pardon, c’est possible.

Maman, nous ne te disons pas adieu parce que nous ne croyons pas que nous sommes séparés.
Chaque fois que nous penserons à toi, tu ne seras pas trop loin,
Tu ne seras pas très loin,
Tu ne seras pas loin,
Tu seras tout près,
Tu seras même très près,
Tu seras là…….. dans nos cœurs.

Merci Maman. Je suis très heureux d’être ton fils et suis très fier de toi.
Nous sommes tous très fiers de toi.
BONNE FÊTE MAMAN.


lundi 31 mai 2010

A ma mère

Par Camara Laye
in L'enfant noir

Femme noire, femme africaine,
Ô toi ma mère, je pense à toi...
Ô Daman, ô ma Mère,
Toi qui me portas sur le dos,
Toi qui m'allaitas, toi que gouvernas mes premiers pas,
Toi qui la première m'ouvris les yeux aux prodiges de la terre,
Je pense à toi.

Ô toi Daman, Ô ma mère,
Toi qui essuyas mes larmes,
Toi qui me réjouissais le cœur,
Toi qui, patiemment, supportais mes caprices,
Comme j'aimerais encore être près de toi,
Etre enfant près de toi !

Femme simple, femme de la résignation,
Ô toi ma mère, je pense à toi.
Ô Daman, Daman de la grande famille des forgerons,
Ma pensée toujours se tourne vers toi,
La tienne à chaque pas m'accompagne,
Ô Daman, ma mère,
Comme j'aimerais encore être dans ta chaleur,
Etre enfant près de toi...

Femme noire, femme africaine,
Ô toi ma mère,
Merci, merci pour tout ce que tu fis pour moi,
Ton fils si loin, si près de toi.

lundi 10 mai 2010

La mort de Bon Sens

Le trait d’esprit, le jeu de mots et la plaisanterie ne se manifestent pas seulement dans le discours que l’on pourrait qualifier d’humoristique. On les retrouve à travers les siècles dans un grand nombre d’autres discours, comme le discours politique, le discours journalistique et, d’une manière éclatante aujourd’hui, dans le discours publicitaire. 

Pour attirer l’attention du lecteur, du passant ou du téléspectateur sur un produit de consommation, les publicistes cherchent souvent à créer un effet de surprise. Les jeux avec les mots constituent un moyen privilégié pour obtenir cet effet. Exemple : dans une annonce faisant la promotion des vêtements NAF-NAF, on lit ceci : NAF-NAF. Le grand méchant look !

Nous avons, vous et moi, un ami commun qui nous aime bien, et que nous aimons tous. Même si certains le méprisent, tous l’adorent. Il joue dans les jardins de l’humour. Il semble d’ailleurs que ce soit un de ses cousins. Mais il s’en défend, car il se veut populaire et optimiste. Chaque fois que vous lui faites un clin d’œil avant de prendre la parole, le cerveau de la personne qui est en face de vous est mis à l’envers, son visage s’illumine, son regard se rafraîchit, et un sourire irrésistible se dessine doucement sur ses lèvres. 

L’ami qui nous offre ce plaisir s’appelle « BON SENS ». Écoutez-le  dans ses œuvres !
Dieu a sagement agi, en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ? (Alphonse ALLAIS). Les femmes c’est comme la confiture : c’est bon, mais ça colle.
Dieu avait prévu que l‘homme, un jour, porterait des lunettes. La preuve, il nous a créé avec deux oreilles.

Notre ami BON SENS a toujours vécu parmi nous. Pas plus tard qu’hier, il était avec nous au Palais de la culture. Mais aujourd’hui, nous déplorons son décès. Il est mort d’une courte maladie.

Personne ne connaît exactement son âge, car les registres de naissance ont été perdus, dans les méandres de la bureaucratie, il y a bien longtemps ; bien avant la crise militaro-politique de 2002 ! Et on nous dit que même les juges, lors des audiences foraines, ont été incapables d’en établir un duplicata.

Vous vous souvenez, des leçons de vie de BON SENS comme :
  • « Il ne faut pas tout attendre des autres » 
  • « La vie appartient à ceux qui se lèvent tôt » ; et
  • « Ce qui arrive est peut-être de ma faute. »
BON SENS vivait avec des règles simples et pratiques comme « Ne pas péter plus haut que son cul »  et des principes éducatifs clairs comme « Ce sont les parents et non les enfants qui décident ».

BON SENS a perdu pied quand des parents ont attaqué des professeurs pour avoir fait leur travail en voulant apprendre aux enfants les bonnes manières et le respect. Un enseignant a même été renvoyé pour avoir réprimandé un élève trop excité, ce qui a aggravé l’état de santé de BON SENS. Son état de santé s’est encore plus détérioré quand une institutrice a dû demander et obtenu une autorisation parentale pour mettre un pansement sur le petit bobo d’un élève.

BON SENS a perdu la volonté de survivre quand des criminels recevaient meilleur traitement que leurs victimes. Il a encore pris des coups, quand cela devint répréhensible de se défendre contre un voleur dans sa propre maison, et que le voleur pouvait porter plainte pour agression.

BON SENS supportait de plus en plus mal cette évolution. Il a définitivement perdu sa foi, quand une femme qui n’avait pas réalisé qu’une tasse de café bouillante était chaude, en a renversé une petite goutte sur sa jambe, et pour cela, a perçu une indemnité colossale.

Il faut vous dire que la mort de BON SENS a été précédée par celle de :
— de ses parents : Vérité et Confiance ;
— de sa femme : Discrétion ;
— de sa fille : Responsabilité, et
— de son fils : Raison

Il est parti, sans veuve, sans enfants, ne laissant derrière lui que ses 3 faux frères :
— le premier, « Je connais mes droits » ;
— le deuxième, « C’est la faute de l’autre » ;
— le troisième, « Je suis une victime ».

J’étais personnellement à l’enterrement de BON SENS. Il n’y avait pas foule, car il n’y a plus beaucoup de personnes pour se rendre compte qu’il est parti. Chaque jour pourtant, les gens continuent de ne pas assumer leurs actes. 

Moi je suis fumeur, mais je n’irai pas porter plainte contre Marlboro si j’ai des problèmes dans 10 ans. En France maintenant, si tu sors d’un bar saoul et que tu te tues ou te blesses en voiture, tes parents ou toi pouvez porter plainte contre le patron du bar qui t’a servi ! Ah ! Les mecs n’assument même plus, le fait d’avoir trop bu d’alcool volontairement, et d’avoir eu un accident. C’est tout simplement pitoyable.





A propos de l'auteur : Dr Daniel ZONGO est Professeur de Zootechnie Tropicale et d'Endocrinologie Vétérinaire à la retraite. Conseiller Technique du Ministre de la Production Animale, Consultant international, Poète, Passé Président du Club Agora TM d'Abidjan. Dr Daniel Zongo est auteur du recueil de poésies CHARIVARIS et Co-auteur de PORTRAIT DES SIECLES MEURTRIS : ANTHOLOGIE DE LA POESIE IVOIRIENNE. Il est aussi l'auteur de nombreuses publications scientifiques.

lundi 15 mars 2010

Il faut sauver Sarah!

Imaginez un petit bout de femme. 1m10, 17 kilos toute mouillée, née en 2005 avec une malformation cardiaque appelée tétralogie de Fallot. Mesdames et messieurs, je vous présente Sarah. Son système cardiaque ne s’est pas totalement construit. La cloison séparant ses deux ventricules n’est pas étanche. Son sang est mal oxygéné.

La tétralogie de Fallot rend les patients cyanosés. Ils ont le teint et les extrémités bleutés, particulièrement les lèvres. Il y a en moyenne 2 naissances pour 10.000 concernées par cette pathologie. Le diagnostic de cette maladie est possible avant la naissance par échographie, mais dans le cas de Sarah, les médecins n’ont rien vu.

À la naissance, Sarah est bien coloré. Mais assez vite l'attention du pédiatre est attirée par ce qu’il prend pour un léger souffle cardiaque. Il faudrait pratiquer une échocardiographie. Cela n’est pas fait.

Après tout la petite réagit correctement et sa croissance est normale, au moins dans les premiers mois de vie. Lorsqu'elle commence à se déplacer seule, à 4 pattes puis en marchant, sa mère constate qu’elle s’essouffle rapidement mais là encore « rien d’inquiétant » selon le médecin.

Elle a le réflexe de s’accroupir à chaque fois qu’elle est fatiguée. C’est source d’amusement pour son entourage. Les adultes autour d’elle trouvent ça mignon. Quelle paresseuse cette petite. La posture qu’elle prend s’appelle le « squatting ». En réalité c’est une attitude que prennent spontanément les enfants porteurs d'une Tétralogie de Fallot, en particulier après l'effort. C’est un réflexe de survie qui contribue à une meilleure oxygénation de leur sang.

Vers l’âge de 2 ans et demi un médecin fait le bon diagnostic. Sa sentence est sans appel : le cœur de la petite doit être opéré car elle risque de mourir à tout instant. Mais contre toute attente il déclare que Sarah est trop jeune pour supporter une chirurgie à cœur ouvert. Il faut attendre qu’elle ait au moins cinq ans. Grosse déception et angoisse des parents : leur bébé Sarah peut mourir à tout instant. Comme ça !

En plus, Sarah ne doit contracter aucune forme d’infection pour éviter que cela ne se développe à l'intérieur du cœur. Comment voulez vous empêcher une enfant de cet âge d’attraper un paludisme, une angine, une conjonctivite et toutes les maladies infantiles ?

Imaginez l’angoisse des parents lorsque le grand frère de Sarah a attrapé la varicelle ! Ou lorsqu’ils ont appris que des déchets toxiques avaient été déversés dans les environs de leur quartier !

Le traitement de la tétralogie de Fallot est la chirurgie réparatrice. Elle consiste à fermer la communication inter ventriculaire et à élargir les artères pulmonaires.

Jeudi 8 octobre 2009, un pédiatre de l’institut de cardiologie du CHU de Treichville, que Sarah rencontre pour la première fois, informe sa mère qu’une ONG nommée « la chaîne de l’espoir » fait venir en Côte d’Ivoire des chirurgiens français spécialistes des cardio myopathies. Ils doivent arriver le lendemain !

Branle bas de combat pour monter un dossier médical convaincant car il y aura des centaines de demandes mais peu d’élus. Finalement après 2 jours de délibération la candidature de Sarah est retenue. L’opération est prévue le jeudi 15. 2 jours avant cette date, la petite Sarah est hospitalisée afin d’être préparée pour l'intervention. Elle rentre à l’hôpital mardi soir mais le lendemain matin l’opération est annulée.

L’intervention nécessite l’usage d’un dispositif de circulation extracorporelle Un appareil qui assure la fonction cardio-respiratoire pendant la chirurgie. Pour le faire fonctionner il faut 4 poches de sang du même groupe que Sarah, O négatif, et il n’y en a pas dans toute la Côte d’Ivoire. Sarah retourne chez elle et c’est le début d’une course contre la montre à la recherche de sang O négatif. En 48h l’entourage familial trouve 3 donneurs potentiels mais, malheureusement, il n’est pas permis de faire un don de sang destiné à une personne précise.
Jusqu’au samedi 17 octobre, pas de sang.

L'équipe chirurgicale doit repartir en France le mercredi 21. L’angoisse se lit sur tous les visages. Le moral est à zéro. Samedi soir pourtant une infirmière demande à la maman de Sarah de venir le lendemain à 16h avec sa fille. Les médecins lui expliqueront sur place.

Dimanche (18 octobre) après midi, une drôle de procession avance dans les couloirs de l’institut de cardiologie. Sarah en tête suivie de sa mère, sa sœur, son oncle, sa tante et sa cousine.
Une infirmière les guide vers une chambre du service de chirurgie pédiatrique. Oui, l’hôpital a trouvé du sang O négatif. Et oui Sarah va être opérée dès le lendemain.

Lundi 19 octobre, la petite Sarah subit 1 opération à cœur ouvert qui dure près de 5 heures.
L’opération est un succès. La fillette sort des soins intensifs 48h après et moins d’une semaine après avoir été opérée elle trottine dans les couloirs de l’hôpital. Les infirmières veulent l’obliger à rester au lit. C’est mal connaître Sarah.

Moins de trois semaines après avoir subi une chirurgie cardiaque réparatrice, la petite Sarah rentre chez elle. Elle a déjà pris 2 cm et presque 3 kilos. Ses lèvres sont roses comme celles toutes les petites filles de son âge et elle montre sa cicatrice à tous ceux qui viennent chez elle.

A l’heure où je vous parle, Sarah a repris l’école depuis 1 semaine et elle est la star de la maternelle car elle est la seule à avoir un papillon pour protéger son cœur. C’est ainsi qu’elle a baptisé sa cicatrice et elle en est très fière.

De l’histoire de Sarah , j’ai tiré 2 leçons. La première est que les miracles existent. Repensez à l’enchainement des évènements et vous verrez que la vie de cette enfant qui était en pointillés depuis 4 ans a basculé en à peine 3 jours. La seconde leçon est qu’il faut donner son sang. On ne sait jamais quand nous, ou nos proches, aurons besoin de celui de quelqu’un d’autre.

Je vous exhorte à faire comme moi ! Donnez votre sang !
Cela vous prendra à peine une demi-heure.
Cela ne vous fera pas mal.
Et vous sauverez une vie. !


A propos de l'auteur : Nina FADIGA est membre du Club Toastmasters AGORA d'Abidjan. Elle est Inpecteur à la Commission Bancaire de l'UEMOA. Grande sportive, elle est Ceinture noire de Taekwondo.

lundi 4 janvier 2010

La vie continue

A TOUS CEUX QUI ONT PERDU
UN ETRE CHER

Refrain:

La vie continue fais ta route
On compte sur toi aujourd'hui
La vie continue
Tout n'est pas perdu
Courage il te reste ta vie.

1.Si tu ralentis ils s'arrêtent
Si tu faiblis ils flancheront
Si tu redresses la tête
Alors ils se dépasseront

Car
la vie continue fais ta route
On compte sur toi aujourd'hui
La vie continue
Tout n'est pas perdu
Courage il te reste ta vie.

2.Si l'être important s'absente
Et qu'alors tout soit dépeuplé
Va toujours de l'avant et chante
Fais pour toi mille et un projets.

Car
la vie continue fais ta route
On compte sur toi aujourd'hui
La vie continue
Tout n'est pas perdu
Courage il te reste ta vie.

lundi 7 décembre 2009

La puissance d'une promesse

Quelqu’un vous a-t-il jamais déçu dans votre vie ? Vous a-t-on jamais fait une promesse non tenue ? Ces questions appartiennent à la même catégorie que les questions du genre : est-ce que les oiseaux ont des ailes? Est-ce que les poissons ont des nageoires? Est-ce que le soleil est chaud? Est-ce que l'eau est mouillée?

Chaque campagne politique paraît être la même. Les promesses et platitudes polluent l'air. (Peut-être c'est ce qui épuise la couche d'ozone du monde!) Chaque candidat essaie de surpasser l’autre de belles promesses. On promet monts et merveilles. Et après chaque élection, les résultats sont toujours les mêmes.

Quelques promesses sont cassées rapidement parce que le candidat n'a jamais projeté de les réaliser. Certaines promesses, pourtant bien que, bien intentionnées, étaient au-delà du pouvoir du candidat et de sa capacité de les réaliser. Peut-être une ficelle imprévue d'événements ou une nouvelle information a changé l'avis du politicien au sujet de la sagesse de sa déclaration originale. Les groupes d'intérêt puissants peuvent avoir exercer la pression, en s'assurant qu'ils obtiennent ce qui était promis, pendant que les gens moins influents paraissent être perdus dans la foulée.

Nous pouvons, en effet faire des promesses vite oubliées. Soit qu’en les faisant, nous n’avons jamais eu l’intention de les tenir. Ce qui est la résultante d’une véritable hypocrisie, voire une malhonnêteté avérée. Ou encore nous sommes en proie à une mémoire défectueuse. Il arrive que nous soyons atteints de la maladie d’Alzheimer et que nous oublions pas seulement des détails futiles comme l’anniversaire d’un ami, d’un enfant, ou un appel téléphonique à passer, des articles d’épicerie, un rendez-vous avec un copain voire même une réunion importante de travail etc.

Est-ce qu’il vous arrive de lire les étiquettes des produits que vous achetez ? Si vous le faites, vous avez certainement lu des mots comme ceux-ci: « Ce produit est garanti pour 2 années à partir de la date d'achat contre les défauts de fabrication. La garantie exclut les dégâts causés par le non respect du mode d’emploi." Ou bien vous avez lu une recette dans un livre de cuisine qui vous garantit un dessert délicieux suivant les instructions. Vous ne pouvez pas pouvoir substituer sans problèmes bicarbonate de soude pour la farine, ou le sel pour le sucre.

Cependant, il apparaît que parfois la promesse, quand elle est faite par une personne ou un personnage qui a le sens de la responsabilité, du devoir, par une personne qui sait ce que c’est la dignité d’un homme, alors la promesse devient un lien, un devoir, une obligation religieuse et spirituelle. Je vais vous raconter une histoire qui est bien plus qu’une aération anodine faite pour rire et détendre. Une histoire qui devrait nous faire réfléchir et nous pousser à ne jamais faire une promesse irréfléchie, par ce que la vie d’un homme pourrait en dépendre.

La promesse est comme un engagement. Un serment à réaliser pour soi ou pour autrui quelque chose.

Un tremblement de terre avait dévasté en l’espace de quelques petites minutes la moitié d’une ville arménienne. Alors qu’un père de famille était bien à l’abri dans l’autre moitié de la ville, il s’est souvenu que son petit garçon Armand était allé à l’école de l’autre côté de la ville. Vite, en courant il va à la recherche de son fils. Arrivé à l’endroit qui était supposé être l’emplacement exact de l’établissement, il découvre un tas de gravats. Les bâtiments se sont effondrés ne laissant que ruine et désolation. Après le premier choc des images, le père est vite allé chercher des outils à creuser. Il s’est souvenu d’une promesse faite à son fils : « Armand, quel que soit ce qui arrivera, je serai toujours là pour toi ».

Le moment est là d’exécuter cette promesse. Au moment où il se met à creuser arrivent les autres parents pleurant leurs enfants. Tous sans exception le dissuadent de poursuivre sa manœuvre.
- « Rends toi à l’évidence, nos enfants sont morts. Nous devons porter notre deuil. »
- Il leur dit une chose : « voulez-vous m’aidez à creuser ».

Les policiers, les gendarmes, les pompiers sont ensuite arrivés, cherchant toujours à dissuader le père à creuser. Une seule parole revenait à sa bouche : « voulez-vous m’aider à creuser ».
Il a creusé pendant 6 heures,
Il a creusé pendant 12 heures,
Il a creusé pendant 24 heures,
C’est à la 36ème heure qu’il entend de faibles bruits tout au fond du sous-sol.

Il crie le nom de son fils Armand. Armand répond :
- Papa, je suis là.

Armand s’est réfugié avec treize de ses camarades sous des colonnes effondrées qui ont formé un triangle dans le sous-sol. Armand avait dit à ses camarades : « ne vous en faites pas, mon père viendra nous chercher. Il m’a dit : « quel que soit ce qui arrivera, je serai toujours là pour toi ».

Cette histoire n’est pas inventée pour nous distraire. Elle nous enseigne et devrait continuer de nous enseigner que la parole d’un leader devrait être l’ancre de sa personnalité. Non un ventilateur qui tourne dans le sens d’une aiguille de montre. Comment peut -on compter sur vous, si vous n’avez pas de parole. On a dit d’un homme politique qu’on ne peut lui faire confiance parce qu’on l’accuse de changer d’avis plusieurs fois dans la journée. Etes-vous de ceux qui changent d’avis toutes les heures ? Qui promettent monts et merveilles et n’accomplissent jamais rien ? Je voudrais, ne pas pouvoir répondre positivement à cette interrogation.



A propos de l'auteur : Abdoulaye SANGHO est membre du Club Toastmasters AGORA. Journaliste et professionnel de la communication, il est le directeur régional Afrique de l'ouest de Trans World Radio.

lundi 23 novembre 2009

Adam... Eve... A qui la faute ?

Chers amis Toastmasters, chers invités, je vais vous raconter une histoire, l’histoire d’une simple pomme qui changea le cours de la destinée de l’humanité.

Imaginez le jardin d’éden, il y a de cela des milliers d’années, imaginez des arbres de toutes espèces, d’aspects attrayants et bons à manger, arrosés par un grand fleuve, et au milieu du jardin, l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Imaginez dans ce cadre féérique, deux personnages : Adam et Eve qui y vivaient en parfaite harmonie avec la flore et la faune.

Un jour, le serpent, qui est Lucifer, l’Ange de lumière, le plus beau et le plus intelligent des anges, à qui le projet de Dieu pour l’humanité déplaisait au plus haut point, s’approcha d’Eve. Croyez-moi, ce n’était pas fortuit et vous comprendrez le pourquoi de ce choix par la suite.

Le serpent, donc, s’approcha d’Eve et lui demanda innocemment : est-il vrai que Dieu aurait dit : " Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin? " Et Eve de répondre : " Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. "

Alors le serpent lui dit " Non, vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal. " Eve s’empara alors de la pomme et la croqua… Que voulez-vous, la curiosité féminine ne date pas d’aujourd’hui.

Figurez-vous, chers amis, qu’Adam était présent. Il était bel et bien-là. Caché, à proximité, derrière un gros arbre, il observait attentivement, attendant de voir quel serait le sort d’Eve, après qu’elle eut désobéi en mangeant la pomme.

En effet, rappelez-vous la mise en garde de Dieu : « Tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras ». Et c’est à Adam que Dieu s’adressait, car Eve, elle, n’avait pas encore été créée, ce pourquoi satan choisit de s’adresser à elle... Adam, attendait donc qu’Eve tombe raide morte.

Voyant qu’il n’en était rien, il sortit de derrière son gros arbre et s’approcha gaillardement de sa côte. Feignant de n’être au courant de rien, il s’enquit de la situation et s’empressa de croquer la pomme qu’Eve lui tendit, surtout qu’il l’avait entendu dire que c’était bon.

Ah ! Félonie masculine, à jamais, symbolisée par la fameuse pomme d’Adam qui, ne vous en déplaise, chers Messieurs, orne vos cous… Et tenez-vous bien, Adam n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Aussi, lorsque Dieu l’interpella sur la faute qu’il venait de commettre, il but la coupe jusqu’à la lie et accusa, sans vergogne, sa femme et Dieu. Oh ! Suprême lâcheté d’Adam qui lui valut, entre autres, d’être chassé du paradis avec Eve, ainsi que le serpent.

Adam était bel et bien là et il eut suffi qu’il fît preuve d’un peu de courage pour que le dessein de Dieu pour l’humanité se réalisât sans souffrance. Il eut suffi qu’il manifesta son autorité sur le serpent, en lui commandant de ne plus s’approcher de la chair de sa chair, pour que la pomme ne fut jamais mangée. Il eut suffit également qu’il eut assez de courage pour reconnaître sa faute et implorer la miséricorde de Dieu pour que les hommes et les femmes demeurent à jamais dans le Jardin d’Eden.

Adam aurait été courageux qu’il aurait épargné à sa descendance, que nous sommes, d’avoir à porter une croix que nous jugeons toujours trop lourde et d’avoir à être  sans cesse, sur nos gardes afin d’éviter les tentations dont satan, l’ennemi antique, ne cesse de parsemer notre vie sur la terre.

Et voilà comment, une simple pomme parce qu’elle fut croquée, changea drastiquement que dis-je dramatiquement le destin de l’humanité.

Mais, rassurez-vous, Cher(e)s ami(e)s Toastmasters, cher(e)s invité(e)s, Dieu, étant la Sagesse, savait que pour le salut de l’humanité, il fallait associer la femme, dès l’origine : d’où le « OUI » de la Vierge Marie qui nous valut le Messie, Jésus Christ, son fils notre Sauveur !

Alors Mesdames, à l’instar de la mère de Dieu, disons oui, et au nom de la vie, mobilisons-nous et agissons pour le salut de l’humanité, car il ne saurait y avoir de développement durable sans la femme.


A propos de l'auteur : Marie-Laure EGUE-KRAIDY est membre du Club Toastmasters AGORA. Elle en est la Vice Présidente Relations publiques pour l'exercice 2009-2010. Elle est Magistrat. Elle est actuellement Directeur des Relations Extérieures de l'Agence Ivoirienne de Coopération Francophone (AICF).