lundi 8 juin 2015

Communiquer avec les enfants

Communiquer avec les enfants
par Hyacinthe A. TOURE

Sur une plage, une petite fille questionne sa mère.
Maman, le monsieur qui te regarde là-bas, qu’est-ce qu’il a dans son maillot de bain ?
C’est… C’est son porte-monnaie, répond la mère visiblement gênée.
Oh ! Tu as vu maman, comme c’est drôle, plus il te regarde, plus il a des sous.

Ils sont tous pareils les enfants. Ils posent des questions tout le temps. Ainsi, commence, dès le bas âge, leur apprentissage et leur domestication par les parents. Les parents ont très souvent du mal à trouver des réponses adéquates aux questions pertinentes de leurs enfants. Quel parent n’a-t-il pas été victime de cet embarras ? Il s’ensuit alors des mensonges alors qu’il est écrit « tu ne mentiras point. » Les enfants imitent les parents. Si vous mentez, ils mentiront aussi. Ils nous observent et essaient de faire ce que nous faisons. Tenez !


Tandis que sa maman est dans la salle de bains, une petite fille de six ans entre dans la chambre de ses parents, se glisse dans le lit à côté de son père et lui dit :
Papa, parle-moi dans le creux de l’oreille.
Le père se penche vers elle et lui murmure : bla-bla-bla
Alors, sa fille le repousse et lui dit : pas ce soir, chéri ; j’ai la migraine.

Nous devons faire aussi attention à nos gestes, actes et paroles devant nos enfants. Les conséquences peuvent être imprévues comme c’est le cas dans cette histoire.

Un petit garçon a pris, depuis quelque temps, l’habitude la nuit, d’appeler sa mère en criant : Maman, j’ai envie de pisser ! Sa mère finit par lui dire : écoute mon chéri, tu as grandi. Si tu as envie de faire pipi, dis par exemple : « je voudrais chanter…. D’accord ? » Quelques jours plus tard, le gosse va en week-end chez sa grand-mère. Au milieu de la nuit, il crie : Mémé, je voudrais chanter… Chuuuut ! fait la mamie. Ton grand-père dort. Tu chanteras demain matin.
Non, tout de suite ! J’ai envie de chanter maintenant. Bon ! Alors, viens près de moi. Tu vas chanter doucement dans mon oreille.

Ils grandissent et nous ne nous en rendons pas compte – surtout les grands-parents — et nous continuons à leur raconter des histoires au point où ils nous prennent pour des idiots. Tenez, par exemple !

Un petit garçon et une petite fille vont trouver leur grand-mère.
Mémé, demande le petit garçon, comment je suis né ?
Eh bien, c’est la cigogne qui t’a emmené. Elle t’avait mis dans un joli linge blanc qu’elle avait noué autour de son bec, elle t’a déposé doucement derrière la porte.
Et moi, dit la petite fille.
Toi, ma chérie, papa et maman t’ont trouvée dans le jardin dans une superbe rose qu’ils ont cueillie délicatement. Voilà, maintenant vous savez tout.
Les deux enfants repartent la main dans la main, et le petit garçon murmure à l’oreille de la petite fille : qu’est-ce qu’on fait ? On lui dit à la vieille ou on la laisse mourir idiote.

Est-ce vraiment pire avec les grands-parents ? Faites-vous votre propre opinion. Les enfants nous font confiance. Nous devons donc mesurer l’impact de nos paroles dans le cerveau fertile des enfants. Illustrons par un exemple.

Un petit garçon va trouver sa grand-mère :
Les filles, elles naissent bien dans les roses ?
Oui, mon chéri.
Les garçons, ils naissent bien dans les choux ?
Oui, mon chéri.
Et qu’est-ce qui nait dans les oignons ?
Personne, mon chéri, personne.
Alors, il retourne dans sa chambre et dit à sa petite copine. Ne t’inquiète pas ! Dans l’oignon, on ne risque rien.

Ah ces gamins, ils nous font voir de toutes les couleurs. Les adolescents sont souvent précoces. Nous avons du mal à nous en rendre compte et nous nous acharnons à leur parler de choux et de roses toujours comme des gamins. Et nous en avons pour notre compte.

Un petit garçon demande à sa mère :
Maman, comment je suis né ?
Euh… Eh bien, dans un chou. Ton père et moi, nous t’avons trouvé dans un chou.
Et ma sœur, comment elle est née ?
Elle ? Dans... Dans une rose ! Nous l’avons trouvée dans une magnifique rose.
Le soir, le petit garçon entre sans frapper dans la chambre des parents. Il les surprend en train de faire l’amour. Et il leur lance : alors, les vieux, on jardine.