lundi 13 juillet 2009

La corruption ravageuse comme le sida

Des magistrats qui tordent le cou au droit, des forces de défense et de sécurité qui sèment le désordre et la désolation, des chauffeurs qui sont de véritables dangers ambulants, des enseignants qui prônent l’immoralité, des élèves et des étudiants qui ne savent ni s’exprimer, ni écrire sans « heurter » la langue de Molière…

La liste est longue, car aucun secteur n’échappe à l’étreinte pernicieuse de ce mal qu’est la corruption. Le mot est lâché, car c’est bien d’elle qu’il s’agit.


La corruption est un véritable fléau. Elle est aussi ravageuse, n’ayons pas peur des comparaisons, que le sida, surtout sous nos tropiques où elle règne, prospère et sévit en toute impunité…En effet, la corruption est l’affaire de tous et tous nous sommes coupables.



Coupables lorsque nous entrons dans le système,
parce que persuadés qu’autrement nous n’aurons jamais gain de cause ;
parce que voulant coûte que coûte échapper aux conséquences de nos actes illicites ;
parce que nous regardons faire sans réagir.


Sinon, comment comprendre les décisions de justice iniques qui heurtent la morale et l’équité, mettant en péril le bien-être des citoyens et l’économie même du pays ?

Comment comprendre que des parents s’autorisent à corrompre des enseignants, et ce, dès l’école primaire pour assurer le succès de leur progéniture ?
Comment comprendre que des agents des forces de l’ordre ferment volontairement les yeux sur les infractions au code de la route moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes provenant de chauffeurs qui n’ont même pas conscience qu’outre la vie d’autrui, c’est leur propre vie qu’ils mettent en péril ?
COMMENT ?

Considérée par nombre d’entre nous comme un mal inévitable, la corruption, elle, n’a pas d’état d’âme. Elle ne s’embarrasse pas de fioriture. Elle poursuit inexorablement son chemin, à visage découvert, sûre de son impunité, ayant réussi le tour de force de faire croire qu’on ne peut rien contre elle. Et ses conséquences sont des plus néfastes. Non seulement elle augmente le coût de la vie, fausse la concurrence et entrave le développement économique, mais encore, elle va même jusqu’à miner la démocratie en remettant en cause l’État de droit et la confiance des citoyens dans leurs institutions. Elle s’oppose à l’exigence d’éthique qui doit caractériser les responsables économiques et publics…

Il est plus que temps qu’elle fasse l’objet d’une prise de conscience collective et individuelle, car lutter contre la corruption est l’affaire de tous et de chacun. Et c’est encore possible, c’est toujours possible.
COMMENT ?

Acceptons de nous soumettre aux lois dont nous nous sommes librement dotés. Acceptons de fournir les efforts nécessaires pour réussir une entreprise quelle qu’elle soit. Que chacun s’engage résolument à être le garant de la probité de sa « propre administration » et à fournir les efforts nécessaires pour combattre la corruption.


Pour ma part, je dis non ! Non, la corruption ne passera pas par moi. J’ai déjà choisi mon camp et j’ai bien l’intention de m’y tenir, peu importe l’âpreté de la tâche, je ne baisserai jamais les bras. C’est un combat de longue haleine, un combat de chaque jour, mais au bout de l’effort se trouvent la réussite et le salut de notre si beau pays, la Côte d'Ivoire.
Renoncer à lutter : c’est condamner fatalement les générations futures à un avenir médiocre. Est-ce là toute l’ambition que nous nourrissons pour nos enfants ? L’ampleur de la tâche ne doit pas nous décourager, mais au contraire nous galvaniser, car le jeu en vaut la chandelle.

Aussi, Mesdames et Messieurs, n’ayons pas peur de retrousser nos manches, n’ayons pas peur de bander nos muscles pour éradiquer à jamais ce fléau des temps modernes, qui mine notre société et nous conduit inexorablement à la ruine.
La corruption ne passera pas par moi, c’est également possible pour vous, c’est encore possible pour vous, c’est toujours possible pour vous.

Une simple décision suffit, pour une société où la corruption retrouvera le seul statut qui doit être le sien : celui de banni.
Alors, qu’attendez-vous pour entrer dans l’arène ?
A propos de l'auteur : Marie-Laure EGUE-KRAIDY est membre du Club Toastmasters AGORA. Elle en est la Vice Présidente Relations publiques pour l'exercice 2009-2010. Elle est Magistrat.